21 août 2007
Une journée d'aide soignante à domicile [2]
Mon patient suivant est un peu plus loin. Je m'allume une cigarette, rituel totalement débile qui fait que je fume 2 fois plus quand je bosse que quand je suis chez moi.
La aussi, je ne connais pas le patient que je vais voir. Après un rapide coup de fil à une collègue, parce que le code de l'immeuble que j'avais noté n'était pas le bon, je tocque à la porte de monsieur T.
Et là encore, c'est sa femme qui m'ouvre la porte. Elle est mal voyante, mais se repère très bien chez elle. Je fais connaissance avec son mari, et c'est parti pour une "aide à la toilette au lavabo". J'aide monsieur à baisser son pantalon et lui présente une chaise devant le lavabo. je ferme la bonde, et fais couler l'eau chaude pendant que je l'aide a enlever son tricot de peau.
Comme ce monsieur ne comprend visiblement pas ce que je lui dit et ce que je lui montre (je ne pense pas toujours a fouiller dans le dossier pour trouver les pathologies, qu'on trouve rarement d'ailleur, notre classeur restant à domicile étant a la vue de tous les gens qui peuvent venir sur place, secret professionnel oblige), je me rend compte qu'en fait d'une aide, je vais plus probablement devoir tout faire moi même. Ca ne me dérange pas, c'est juste frustrant, en tant que soignant, de ne pas pouvoir faire participer à sa toilette un homme relativement valide.
Je vais du plus prore au plus sale, comme presque toujours (la seule dérogation à cette règle étant une protection trop souillée, dans ces cas là, pour le confort du patient, on commence par là), et je fini donc par la toilette intime. Monsieur porte un "pants", c'est à dire une couche qui s'enfile comme une culotte, très pratique pour les gens qui sont capable d'aller aux toilettes mais qui on parfois de petits accidents. Je lui enlève sa protection et m'occupe de la toilette intime. Je le sèche, et m'apprete à lui mettre une protection propre...
Et là, ce sont les chutes du niagara. Je me souvient pourtant lui avoir demandé si il souhaitait aller aux toilettes avant qu'on aille a la salle de bain. Tant pis, ce monsieur n'y est pour rien et n'avait probablement pas compris ma question. Me voilà obligée d'éponger le sol, de renettoyer ses jambes, ses pieds et ses chaussons, qui heureusement n'étaient pas en tissu.
Quand je ressort de chez lui, je suis en nage.
Je vais chez mon patient suivant, encore un homme qui vit avec sa femme qui s'occupe de lui. Il est en assez bonne forme, malgré une tumeur au cerveau, inopérable, qui lui laisse peu de chance de le rester lontemps. Là encore, ce sera une toilette au lavabo. Je le ferai participer à tout ce qu'il pourra faire.
Mon patient suivant est une patiente, dont j'ai la clef. Je sonne à sa porte avant d'ouvrir, par respect pour elle et pour limiter les risque de la surprendre (il arrive que des patients dont nous avons la clef soient un peu sourd, voir carrément, et ont leur fait souvent le temps une trouille bleue en apparaissant subitement à coté d'eux!). Cette dame est charmante. Elle à toute sa tête, mais une polyarthrite rhumatoïde la cloue dans lit médicalisé. Chez elle, tout est réglé comme du papier à musique. Je ne suis plus qu'une paire de main qui agit à sa place, si ce n'est qu'on discute agréablement pendant le soin. Je prépare ses médicaments, après une toilette rapide, note mes transmissions et m'en vait pour voir mon avant dernier patient.
18:15 Publié dans Aide soignante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Ecrire un commentaire