27 novembre 2007
Honte...
Quand je me souviens de ce que j'ai été capable de faire pour elle. Ces km à pied au beau milieu de la campagne, sous la pluie, dans le vent, parce que je n'avais pas d'autre moyen de locomotion . Ca m'a pris une heure, et j'étais soulagée, une fois que j'y étais, que j'avais pu acheter ma dose, mais je devais encore faire le trajet retour. Un type c'était arreté et m'avait prise en stop, j'ai accepté, mon but était atteint, j'étais heureuse (???).
Ces bouts déja brulés que je frottais au dessus d'un pot pour en garder la substance dont je ne pouvais pas me passer, du moins je le croyais.
J'allai jusqu'à chercher au fond de la poubelle par jour de grande disette.
Ca me donne envie de pleurer. Tellement j'en ai honte. Mais je préfère l'écrire malgré tout, pour me rappeler que ça, on ne peut pas le faire pour "un petit plaisir", pour un simple "anti stress". On le fait parce qu'on a pas le choix, ça nous semble insurmontable, de s'en passer, ça devient un besoin, un truc qui nous titille, qui nous obsède, si on ne peut le satisfaire.
J'aurai été capable de mendier pour elle, de tout quitter, d'insulter mes amis les plus proches, de hair ma pantoufle si il osait me la cacher.
Elle ne m'apporte rien d'autre que ça. Ce sentiment de honte et cette peur terrible face à ses dangers et a ceux que je fais courrir à mon entourage. Elle ne m'apporte rien d'autre qu'elle même. Les unes se suivant aux autres à intervalle régulier, ce geste si répété, si automatique, presque inconscient. Elle ne m'apporte rien d'autre que l'angoisse d'en être privée, que le stress du manque.
J'ai commencé quand j'avais 19 ans. Un paquet trouvé là, dans la poche d'un peignoir, appartenant à une personne qui n'était plus, et que j'avais vu mourrir à cause de ça. Peut être me suis je demandée pourquoi. Pourquoi ce truc devait être si bon pour qu'elle en meure.
La première était aussi dégueulasse que les suivantes. Et pourtant j'ai continué. Occasionnellement, d'abord, en solo, quand je promenais le toutou.
Puis de plus en plus régulièrement. La premiere en société. Mon premier paquet. Ma première cartouche.
Et puis un jour, on se rend compte qu'on ne peut pas s'en passer. Que c'est trop dur, sans elle. Que plus rien n'a de saveur. On s'imagine alors qu'elle nous apporte un plaisir, un réconfort, et que c'est pour ça qu'on continue. Mais quelquefois, malgré tout, on s'en rend bien compte, que ce n'est pas ça.
Comment arreter quand on s'imagine tout le temps dans le stress du manque, dans l'envie inassouvie, 24h/24; 7j/7. Comment s'arreter quand on croit savoir que des années plus tard, on ne sera toujours pas sortie d'affaire, qu'on en aura toujours envie, toujours, que ça sera une épée de damoclès au dessus de notre tête, qu'on enviera ceux qui continuent, parce qu'au moins, ils sont en paix, eux.
C'est une montagne insurmontable.
Qui le parait, du moins.
Un jour, quelquechose nous ouvre les yeux. On se rend compte que ce n'est pas un plaisir, que ce n'est pas un réconfort, que la vie a plus de saveur sans elle, car elle nous empeche de la voir sous son vrai jour. On se rend compte que si on a tant besoin d'elle, c'est parce qu'elle nous le fait croire.
C'est un parasite qui s'entretien en nous faisant gober que sans elle tout est plus dur.
Le piège est insidieux, efficace. Jusqu'à ce qu'on le voit sous son vrai jour: Si j'arrete, elle meurt. Sans moi elle n'est plus rien. Le piège s'autodétruira de lui même, parce qu'il ne sera plus entretenu.
Et là commencera la vrai vie.
Celle a laquelle j'aspire. Je plus sentir cette odeur sur moi, sur mes murs, dans mes vêtements. Ne plus ressentir ce manque. Ce plus avoir la gorge toujours sèche. Ne plus tousser le matin, et le soir. Ne plus dépenser des fortunes pour elle. Pouvoir profiter de tout, sans qu'elle en retire les lauriers. Pouvoir combattre mon stress en ayant conscience que c'est moi qui le combat, et non pas elle. Pouvoir vivre sans peur de maladies que j'aurai créée. Sans culpabilité de mettre en danger ma vie, au mépris de l'importance que j'ai pour les gens qui m'aiment. Dans culpabiliser de mettre en danger la vie de l'homme que j'aime. Pouvoir vivre sans illusions sur ses prétendues bénéfices.
Je parle et vous l'avez tous bien compris, de cette grosse salo**...
LA CLOPE
22:31 Publié dans moutonneries | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note


Commentaires
BON COURAGE !!!!
C'est très dur, surtout au début (alors que je ne fumais qu'une cigarette par jour, les derniers temps avt l'arret). Ca fait presque 2 mois maintenant que j'ai totalement arrêté (il y a eu des craquages les 15 premiers jours).
Je n'y pense plus et je suis fière, même si je pensais vraiment ne jamais réussir.
Bon courage !!!!
Ecrit par : Eosine | 28 novembre 2007
je suis bien fière de n'en avoir jamais touché une seule; de toute façon je suis trop radine pour mettre autant de fric dans un truc qui part en fumée, en plus j'ai horreur des bureaux de tabac, je les trouvent glauques ...
Ecrit par : sophie | 01 décembre 2007
Héhé! Ca y est! Fini la clope!!!
Ecrit par : Severine | 02 décembre 2007
C'est génial quand on arrive à se dire "stop, j'arrête tout". (Après tout, on a beau s'entendre dire que c'est pas bon pour notre santé, qu'on a pas de volonté etc, la décision ne peut venir que de nous-même).
C'est dur de renoncer/résister à son addiction les premières semaines, mais après qu'est ce qu'on est fier!!! Tu verras ;)
(Et après, on arrive même à oublier qu'on a été accro, mais ça c'est une autre histoire).
Ecrit par : Cha | 14 décembre 2007
"toutes toutes toutes des salopes..." => http://www.paroles.net/chanson/36903.1 ;-)
Tous mes "souhaits de réussite" (ouais je sais pas si ça se dit, mais je trouve ça encore plus positif que "bon courage") :-)
(Je découvre juste ce blog, mais j'avais une furieuse envie de commenter, là, maintenant, je finirai mon exploration plus tard !)
Ecrit par : Maria | 04 janvier 2008
Exploration faite. Un peu la gorge serrée, mais ça va passer. Je met un marque page, je repasserai...
Bonne continuation à toi :-)
Ecrit par : Maria | 05 janvier 2008
Salut à toi, ô lectrice!
Merci pour les encouragements !!!!
Ecrit par : Severine | 05 janvier 2008
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