17 mai 2006

"Je sais que t'as envie de moi"

J'avais 16 ans.

Il en avait 55.

C'était un ex que ma mère venait de larguer, une des ses victimes dont j'avais pitié, et qui me donnait honte d'avoir une mère capable de promettre n'importe quoi, et de larguer ensuite d'une manière que je trouvais lâche. "Je prends, je jette"

Nous avions aol, et donc AIM à cette époque. C'était les débuts d'internet, pour moi, la toile, le réseau, tout ça, j'aimais bien, ça me faisait passer le temps, et puis je pouvais discuter avec des gens, chose pour laquelle j'avais beaucoup de mal irl.

Il avait aol également, je le savais, c'était comme ça que ma mère discutait avec lui, des fois.

J'étais seule, un soir, quand on s'est mis à discuter. Il voulait récupérer ses affaires, et rendre les affaires de ma mère, mais comme ma mère était incapable d'être honnête en face des gens, elle refusait de prendre ses appels ou de répondre à ses messages.

Nous décidâmes d'un rendez vous, à la fin de la semaine. Il me payerait le resto, on discuterait (comme tous les mecs de ma mère, j'avais de la sympathie pour lui) , il me ramenerait les affaires de ma mère, et je lui ramenerais les siennes.

Le jour dit, moi qui pensais à un simple mac do, je me retrouvai assise en tête à tête avec lui dans le resto le plus cher de cette petite ville dans laquelle je vivais. Le genre de resto où il n'y a pas les prix sur les cartes.

J'étais plutôt contente, après tout c'était son fric, et puis j'aime bien la bonne bouffe. On a beaucoup discuté, il m'a appris pleins de trucs sur ma mère (je raconterai ça plus tard), et puis, le vin aidant, il m'a pris soudainement la main, et le regard brillant il m'a sorti:

"Je sais que t'as envie de moi"

J'en suis restée sans voix.

Moi, Séverine, n'ayant jamais vu de mec assez près pour savoir si oui ou non ils ont des poils au cul, draguée par un type que ma mère vient de larguer, et avec qui elle a pratiqué des rites SM. (oui, je sais, ça fait partie des trucs que je devais dire plus tard)

Je bafouille un: " Mais non, m'enfin.."

Il laisse tomber, on finit de manger, il paye, on sort.

Et là, sur le parking, il m'attrape fermement et essaye de me coller sa bouche ridée sur mon visage de gamine, juste après m'avoir dit qu'il aimerait être un père pour moi.

Je l'ai repoussé, en lui faisant remarquer qu'un père ne faisait pas ce genre de choses.

Il s'est excusé quand on est arrivé chez moi, juste avant que je ne rentre, en me disant qu'il avait trop bu, qu'il était désespéré.

C'était la première fois qu'un type avait du désir pour moi. J'ai ressenti l'espace d'un instant une petite fierté à l'idée que moi aussi je pouvais plaire. Fierté transformée en un millième de seconde par une frustration et un dégoût intense à l'idée que c'était pas vraiment comme ça que j'imaginais ma première rencontre avec le désir de l'autre...

Rien que d'y penser, ça me fait frissonner. Brrrr!!!!


16 mai 2006

Y'a des moments comme ça!

Ma foi... J'sais pas trop ce qu'il s'est passé dans mon ptit crâne de piaf, peut être à cause des cours de psy (intéressants cela dit), à cause du stress (bientôt l'éval psy, bientot le verdict pour mon futur déménagement en région parisienne, bientôt le stage géronto-psy, la tutute en panne et j'en passe ), toujours est il que ces derniers jours ont été épuisant, physiquement et mentalement.

La cause? Des rêves pour le moins répétitif, avec ma mère dedans, du genre "Jvais la tuer" , sentiment de haine et de colère intense que j'avais pas ressentit in vivo depuis pas mal de temps. Ajoutons à cela une incapacité temporaire à s'endormir, ça fait deux heures de sommeil par nuit, ou on se réveille plus crevée qu'avant de s'être couché, en sueur, et la tête pleine.

D'ou des questionnements. Car, même si ces temps ci sont stressants, je suis plutôt contente, je veux dire que je me sent plutôt épanouie quoi, pas de soucis majeurs, pas de cafard, rien.

Alors jcomprends pas!

J'me demande si il faudra tôt ou tard il va falloir que j'en cause deux mots à ma mère, pour régler le problème, ou si faut que j'aille voir un psy et régler ça toute seule, donc.

J'sais pas trop. J'ai cette impression que si je règle pas ça je serai jamais vraiment heureuse.

J'pas fini d'y réfléchir, en somme!

17 avril 2006

Cher papa...

On va continuer dans la lancée.

Je ne l'ai pas beaucoup connue étant petite, étant donné que mes parents se sont séparé juste avant mes 6 ans, et que sa profession (militaire) faisait qu'il n'était pas très souvent là.

Alors passé une période ou je le haissait, ce qui était directement en rapport avec ce que ma mère me disait de lui, je l'ai idéalisé.

J'ai compris par la suite qu'il était très loin d'être un mauvais bougre, c'est un type qui peu être très cool, dans sa manière d'être, mais qui peut être aussi capable du pire... Mais il s'est calmé.

Je suis allée m'installer chez lui le coeur plein d'espoir. J'avais 18 ans et je voulais le conaitre, enfin.

Ce que j'en ai tiré?

Mon père peut être sympa, mais lui aussi subit des accès de violence qu'il ne controle pas, ou peu.

J'ai bien cru qu'il allait me tuer, c'est ce que j'ai penser sur le moment.

Ce n'est arrivé qu'une seule fois.

Je ne lui en veut pas, il m'a présenté ses excuses, et je sais qu'il en a lui même souffert. Je crois que depuis un jour bénit ou ma petite soeur a appeler les flics il ne s'est plus mis en colère comme il l'a fait ce jour là.

Je peux compter sur lui, sur ses conseils. La chose est différente d'avec vous savez qui. Même si quelquepart ça reste une blessure, il reste pour moi un père...

11 avril 2006

Changement de décors

Depuis toujours, je n'arrête pas. J'ai 21 ans et j'ai déménagé 12 fois. Bientôt 13, dans quelques mois, si tout se passe bien.

J'ignore si c'est un besoin ou non, ces changements de vies. Quand j'étais gamine je n'avais pas le choix, et maintenant que je l'ai, je continue (ça ne me plaisait pourtant pas, avant...).

C'est un peu comme une fuite. Je suis très "fuite" .

Quelques fois fuite en avant, quelquefois non. Mais jamais de regret. (j'en reparlerai)

La, je vais pouvoir m'installer avec mon chiri, si tout se passe bien. Je suis un mélange d'excitation et d'appréhension.

Excitation à l'idée de pouvoir enfin partager la vie d'un homme que j'aime pas dessus tout, de pouvoir enfin faire des projets, de savoir qu'il sera la si je ne suis pas bien, et que je serai là pour lui aussi.

Mais appréhension à l'idée de me retrouver à nouveau en terrain inconnu, une nouvelle école, de nouveau camarades, alors que je commencais juste a me sentir bien avec les filles de la promo, ici, dans le sud.

Appréhension à l'idée de mettre mes sentiments à l'épreuve, aussi. C'est dur de vivre avec quelqu'un, même quand on l'aime, va falloir faire des concessions, le temps de s'habituer!

je verrais bien!

10 avril 2006

Chère, très chère maman...

J'ai eu le genre de mère que je ne souhaite à personne.

Oh bien sur, elle n'a pas que des défauts, mais je ne peux m'empecher de me dire que si j'avais eu a choisir, je l'aurai pas fait.

Mais bon, on a rarement le choix... Je l'ai eu un temps, ce doux temps ou M, bien qu'elle était sévère, jouait ce rôle pour moi à la perfection. Elle m'apprenait, me punissait, m'autorisait... me félicitait. Sa fierté était bien plus importante à mes yeux que celle d'une mère qui n'en a que le titre, mais je ne m'en suis rendue compte que trop tard...

Que penser d'une mère restant devant la télé au lieu de venir voir votre spectacle?

D'une mère capable de détruire l'intégralité de vos affaires parce que vous avez fait une connerie? (je devais avoir 8 ou 9 ans, tout était à jeter. absolument tout.)

D'une mère vous hurlant que vous êtes une pute (bien que vous n'ayez jamais approcher aucun être d'assez près pour que ça soit le cas), en faisant joyeusement profiter les voisins (ou comment acquérir une sale réputation dans un quartier, sans le savoir).

D'une mère vous plantant pour le pire nouvel an de votre vie, à 16 ans, alors que vous venez de voir mourir une femme que vous aimiez énormément? Vous plantant pour passer un mois en vacances dans le jura pendant que vous rester sagement à la maison, seule, gardant le chien? Vous plantant tous les week end pour dieux sait quel mec encore?

D'une mère couchant avec son mec dans votre propre lit?

D'une mère vous ayant volé TOUT votre argent durant votre enfance, soit disant pour le mettre sur un compte en banque? Et qui vous reproche par la suite de dépenser les sous qu'ELLE vous a donné, vous faisant culpabilisé d'être dans la merde quand bien même c'est elle qui dépasse un forfait internet tous les mois, s'achete un nouveau téléphone, un nouvel appareil photo?

D'une mère à qui vous demandez de l'aide pour vos devoirs, et qui vous envoit chier d'un "va te faire foutre", pour ensuite essayer de vous tabasser à coup de parapluie parce que vous avez oser protester?

D'une mère vous envoyant à 6 ans chercher ses clopes au tabac?

D'une mère vous demandant de vous taire quand vous avez mal?

D'une mère ne lisant pas votre bulletin? Vous disant que si vous avez réussi vos concours c'est que vous avez été pistonnée? D'une mère persuadée que vous ne pouvez qu'avoir échoué, au bac, au permis?

D'une mère se trouvant toutes les excuses du monde pour ne pas faire un détour de 10mn pour chercher un papier, quand bien même vous êtes, vous, à 800km de là?

D'une mère qui, si vous ne l'appelez pas vous même ne le fera jamais?

D'une mère incapable de se souvenir qu'elle vous à frappé, insulté, humilié dès qu'elle était en colère?

D'une mère qui tient pour acquis que SA famille ne concerne pas ses enfants?

D'une mère qui ose donner des leçons aux autres après tout ça?

Vous savez quoi? Rien que de penser qu'un jour je pourrai etre amenée à payer pour sa pomme, ça me donne la gerbe.

j'ignore si je la hais ou je l'aime. Un peu des deux. Un peu plus du premier, surement...